Les ressources génétiques

La ressource génétique est définie par la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) comme « le matériel génétique ayant une valeur effective ou potentielle ». En haute mer il s’agit des séquences génétiques de microbes, poissons et autres êtres vivants.

Les ressources génétiques se trouvant dans la colonne d’eau au-delà de la juridiction des Etats se voient appliquer le principe de liberté prévu par la convention de Montego Bay (article 87), faute de dispositions spécifiques à leur égard. Aucun texte ne prévoit de régime pour les ressources génétiques des fonds marins. Les ressources génétiques de la colonne d’eau et des fonds marins sont ainsi en libre accès. Une entreprise qui créé une invention (médicament notamment) à partir d’une ressource génétique, bénéficie du monopole de l’exploitation de l’invention pendant 20 ans par dépôt d’un brevet. Les pays en voie de développement n’ont généralement pas accès aux ressources génétiques marines faute de technologies adéquates et celles-ci bénéficient aux seuls pays développés.

Landlock developing countries

Les pays en développement sans littoral

Les négociations actuelles doivent définir un nouveau statut pour les ressources génétiques en haute mer. Deux questions importantes sont celles de l’accès aux ressources et de la mise en œuvre du partage des avantages.

Il est question de réguler l’accès aux ressources génétiques par l’octroi de permis payants, qui pourraient financer le partage des avantages (option défendue par les PEID), ou non payants. Cette restriction de l’accès fait l’objet de l’opposition de parties aux négociations (Japon notamment) qui défendent le libre accès aux ressources. D’autres parties aux négociations proposent de mettre en place des régimes d’accès différents pour la prospection à visée scientifique et celle des entreprises à visée commerciale (Saint-Siège notamment).

Le CARICOM, les PEID et les PDSLs souhaitent que le partage des avantages comprenne aussi bien des avantages monétaires que non monétaires. Les Etats Unis, la Corée, le Japon et la Russie préfèrent de seuls avantages non monétaires sur une base volontaire, argumentant que la commercialisation des ressources génétiques est coûteuse, et qu’un partage monétaire pourrait décourager les entreprises et nuire à la recherche. L’Union Européenne souhaite que l’accent soit mis sur le partage des connaissances et des données génétiques.